Respirer - le Diaphragme, un muscle majeur



L’air, le souffle, la vie


« Notre ADN est fait du même ADN que l’arbre. L’arbre respire ce que nous expirons. Et quand l’arbre expire, nous avons besoin de ce que l’arbre expire. Aussi, nous avons une destinée commune avec l’arbre. Floyd « Red Crow » Westermann, Amérindien du Dakota du Sud

Insaisissable, l'air nous traverse et nous donne vie depuis la première inspiration jusqu'à notre dernier souffle. Nous partageons et échangeons l’air avec le monde végétal dans une parfaite symbiose : les arbres recyclent nos déchets (le gaz carbonique) et nous offrent en retour le précieux oxygène, indispensable à la production d'énergie par nos cellules.



L'air inspiré ne contient pas que des gaz ; il véhicule aussi le Prana c'est à dire un principe de vie qui participe à la vitalité du corps.

La respiration est associée au souffle, à l’air et au vent mais aussi à l’esprit, à l’âme, à l’énergie. Elle est désignée par « pneuma » en grec, « ka » en égyptien, « prana » en sanscrit, « Chi » en chinois ou « ki » en japonais tout comme « yi » chez les Indiens d’Amérique du Nord ou «ruah» en hébreu.

Le souffle est considéré comme l’élément reliant l’homme à l’univers ; il est la source de l’énergie et de la vie.  Une respiration profonde commence toujours par une expiration pour vider les poumons et les remplir ensuite de davantage de « prana ».



Respirer, une fonction vitale

Elle est la seule fonction de l’organisme qui peut s’exécuter à la fois de manière automatique et involontaire (système nerveux autonome) ou de façon volontaire et contrôlée (système nerveux central) qui fait que nous pouvons agir sur notre respiration en la modulant.


Le diaphragme au centre du dispositif

Positionné comme une cloison musculo-tendineuse en forme de coupole, il sépare la cage thoracique et l’abdomen. Il effectue un mouvement de piston 16 fois/minute soit 23 000 fois/jour.



Le diaphragme, une pompe respiratoire

A l’inspiration, le diaphragme se contracte : il s’abaisse et comprime les viscères vers le bas ; la cage thoracique s’ouvre et les poumons se dilatent pour accueillir l’air inspiré pendant que le cœur se déplace selon un mouvement pendulaire.

A l’expiration, le diaphragme se relâche : il remonte, le volume thoracique diminue et les poumons se vident de l’air vicié.

La respiration permet l’apport d’oxygène et l’élimination du gaz carbonique en sachant que la combustion des échanges gazeux se réalisent au niveau des alvéoles pulmonaires. Le sang, pauvre en dioxygène en provenance du ventricule du cœur droit, est alors réoxygéné et dirigé vers l’atrium du cœur gauche via les quatre veines pulmonaires, avant d’être propulsé dans la circulation sanguine générale par l’artère aorte.



Une hyperoxygénation peut entraîner une alcalose (exemple d’un sportif en suractivité) tandis qu’une gêne respiratoire peut altérer le métabolisme cellulaire et conduire à une acidose d’où l’importance de bien respirer et de respirer un air sain.

Un kinésiologue formé en Adaptogenèse peut détecter la présence d’une acidose ou d’une alcalose tissulaire ou sanguine. Son approche sera de privilégier l’approche du terrain par un éventuel drainage des toxines via les émonctoires avec beaucoup de précaution et à combler les carences dans le but de retrouver un équilibre, générateur de mieux être.



Le diaphragme, un stimulateur de vibrations subtiles

Le diaphragme s’accroche sur le contour de l’ouverture inférieure du thorax, à l’appendice xiphoïde à la pointe du sternum et aux côtes flottantes. Il s’appuie sur les quatre premières lombaires et il est innervé par le nerf phrénique qui naît des racines cervicales.

Lors de sa contraction à l’inspiration, il mobilise les côtes qui s’écartent et remontent ; le sternum part vers l’avant et les vertèbres dorsales et lombaires s’étirent.

Ces articulations sont actives en permanence dans un mouvement de va et vient. En cas de dysfonctionnement du diaphragme (spasmé ou hypertonique), les muscles inspirateurs accessoires qui s’insèrent sur les cervicales vont être sur-sollicités et leur contraction répétée peut être à l’origine notamment de douleurs et de raideurs cervicales.

Le kinésiologue formé en Adaptogenèse, s’attachera à rééquilibrer de manière énergétique, le diaphragme, les muscles intercostaux, les muscles abdominaux et des muscles accessoires comme le transverse de l’abdomen, l’ilio-costal des lombes, le transverse du thorax et les courts-longs Elévateurs des côtes … pour fortifier la respiration physiologique. Il vérifiera aussi l’équilibre de la cage thoracique.



Le diaphragme, activateur de massages sur les viscères

Sa position centrale fait qu’il est en lien avec les poumons dans l’étage supérieur et avec le foie, l’estomac et une partie de l’intestin dans l’étage inférieur. Ces organes sont soumis aux pressions liées à la respiration qui assurent un mouvement de pompe vasculaire avec pour conséquence :

  • de favoriser les apports artériels nécessaires au bon fonctionnement des organes,
  • de faciliter les fonctions digestives et le métabolisme hépatique,
  • de stimuler les fonctions d’élimination.


Le diaphragme, révélateur de nos émotions

Les changements d’humeur ont des répercussions sur le mode de respiration : la peur provoque une respiration courte, rapide et superficielle ; la colère se traduit par de longues respirations puissantes ; l’inquiétude précipite la respiration tandis que le chagrin produit un sanglot ; la douleur génère un blocage …

Les liens entre respiration, émotions et stress sont aujourd’hui mieux appréhendés. Ainsi, on sait que la respiration est influencée par les deux branches du système nerveux autonome, le sympathique (accélérateur) et le parasympathique (frein) de notre organisme. Face à un stress ou un danger, le sympathique augmente nos battements de cœur, notre tension artérielle et notre respiration tandis que lorsque le danger s'éloigne, le parasympathique les ralentit, permettant à notre corps de récupérer. En temps normal, ces deux systèmes s'alternent harmonieusement, mais face au stress chronique, l'accélération prédomine entraînant de nouveau stress et angoisse.

Pour rompre ce cercle vicieux, la respiration est la voie royale, car c'est la seule fonction automatique et inconsciente du corps sur laquelle nous pouvons intervenir (Exercices de relaxation en Sophrologie).



Le stress est au cœur des pratiques de la kinésiologie mais il n’en reste pas moins qu’un kinésiologue formé en Adaptogenèse aura un regard holistique du corps et veillera à une meilleure harmonisation des quatre diaphragmes pour synchroniser les pulsations au même rythme.

Nous sommes pourvus d’un premier diaphragme au niveau de l’occiput appelé Tente du Cervelet, d’un deuxième diaphragme au niveau de la gorge dit diaphragme laryngé, d’un troisième au niveau abdominal (présenté dans cet article) et d’un quatrième au niveau pelvien. Ce dernier fait d’ailleurs l’objet de toute notre attention surtout après un accouchement qui n’enlève en rien le bénéfice de consulter aussi un ostéopathe. Nous sommes complémentaires.


L'INCROYABLE POUVOIR DU SOUFFLE from INNERTAINMENT on Vimeo.

"Notre respiration est un pont entre notre corps et notre esprit, l'élément qui réconcilie corps et esprit et rend possible leur unicité. La respiration s'ajuste à la fois au corps et à l'esprit, et c'est le seul outil qui peut les rassembler, les illuminant tous les deux et leur apportant la paix et le calme". - Thich Nhat Hanh